Vous n'êtes pas le bienvenu à Gattaca.

Anonyme

Le ciel est d'encre et les étoiles scintillent malgré les lumières artificielles qui entourent le Château de Westborough. Les limousines arrivent et déposent leurs prestigieux invités qui rentrent dans l'immense bâtisse ou flânent dans le parc, profitant de la douceur de ce mois d'août.
Maria sort de la voiture qui la dépose en compagnie d'autres invités peu fortunés, et monte les quelques marches qui mènent à l'entrée du château. Les grandes portes sont gardées par deux gardes, pistolets électriques « Martens » à la ceinture. Maria se force à ne pas les remarquer, mais elle y pense encore quand elle rentre dans le château, réaménagé pour servir de salle de bal.
Toutes les pointures diplomatiques sont là, et Maria ne les reconnaît qu'à leur similitude avec les portraits publiés dans les journaux. Ici, elle aperçoit le général Houston, vétéran de la guerre d'Espagne ; là, elle remarque Jean Lesquat, l'eugéniste célèbre et conseiller du Présidente ; plus loin, c'est le journaliste Howard Holmes qui retient son attention.
Mais il ne lui faut pas plus de temps pour retrouver sa mère, Lydia. Elle est en pleine discussion avec le gouverneur Weston, l'organisateur de cette soirée mondaine aux allures grandiloquentes. Elle amorce un pas vers eux quand, regardant autour d'elle, elle reconnaît Pedro.
Elle avait connu Pedro quelques semaines plus tôt, quand il était intervenu dans son club de lecture. Ils avaient déjà bien discuté, et elle peut reconnaître avec certitude son regard brun pétillant caché derrière ses lunettes rondes.
Rejoindre Pedro.
Rejoindre sa mère.